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Le progrès, ce problème dans la défense du jeu vidéo

Chaos Théories  •   3 années

Je discutais hier Esport, puis jeux vidéo avec quelqu’un. La personne est cultivée en général, néophyte en la matière. Vous imaginez le type d’échanges de questions et de débats.

Je lui déroule un de mes arguments favoris : toutes les nouvelles cultures font peur lors de leur émergence et avec le temps, s’anoblissent. Le temps, les génies de leur discipline, le vieillissement des fans… Le Rock’n Roll était ainsi la musique du diable, la techno était la musique de la drogue, le cinéma une prouesse technique vide de sens etc.

 

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La même chose, avec le jeu vidéo. Je lui explique que ce dernier a gagné, malgré des poches de résistance : les chiffres, les moyennes d’âges, les usages, la scène indé/arty etc parlent désormais.

Mon convive me rétorque alors que les jeux vidéos existent depuis maintenant 40 ans, mais que les débats chez les néophytes ne semblent toujours pas avoir bougé : ça rend hystérique/violent, l’expérience est trop puissante, un esprit faible peut tout confondre tout ensuite etc.
Il ne me dit pas que j’ai tort et acquiesce mon point de vue, mais il s’étonne que le Jeu Vidéo se traîne toujours les mêmes casseroles.

Ha.

Je me rend alors compte que ce qui fait la beauté de cette culture pour ses amateurs incarne aussi le boulet pour ses détracteurs : le Progrès.

Le jeu vidéo est l’art le plus lié au progrès technologiques, puisque son langage et l’expérience qu’il procure sont régulièrement bouleversés par les avancées de la technologie. Bien plus souvent et violemment que la musique, la littérature ou la bande dessinée, par exemple.

Chaque progrès (3D, photoréalisme, structure ouverte etc.) apporte ainsi un nouveau paradigme au jeu vidéo, qui apporte quelque chose de neuf et donc, de la Peur. Et nous voici repartis à zéro, à réexpliquer, re-défendre, ré-évangéliser notre passion. Exemples de peurs liées à leurs époques et leurs progrès :

– 1990 : les jeux vidéos rendent épileptiques
– 1995 : les jeux ultra violents vont créer des meurtriers en masse
– 2000 : la 3D est graphiquement trop réaliste, les joueurs vont confondre images de jeu vidéo et vrai vie
– 2005 : les jeux massivement multijoueur sont une drogue sans fin
– 2010 : “vous connaissez ultra réaliste ou on peut commettre des crimes, GTA ?”
– 2015 : la réalité virtuelle va nous couper du monde réel

 

Depuis, ma confiance dans le fait que le jeu vidéo sera à terme naturellement accepté en a pris un coup.

Je n’ai pas encore trouvé de solution ou d’argumentation qui dépasse le temps et les progrès du Jeu Vidéo. Si vous avez une piste… En attendant, je retourne me perdre dans Elite Dangerous, un de ces jeux vidéo réalistes, immersifs en réalité virtuelle, multi joueur et ouverts à toutes formes d’immoralités.

A (re)lire : mon Guide d’autodéfense du jeu vidéo

Des réactions ?

  • http://lebaobabduouistiti.over-blog.com/ M. Ouistiti

    Est-ce vraiment le progrès technologique qui fait l’éternité de ce débat ? N’st-ce pas plutôt un conflit de générations ?

  • http://www.monsieurlam.com Lâm

    Le conflit de génération est évident, c’est plus le fait qu’il semble renouvelé à chaque avancée technologique du jeu vidéo.

  • Hoaxymore

    Tain j’avais oublié à quel point c’était beau Shenmue.

  • lowje

    En même temps, pourquoi essayer de vouloir convaincre ? C’est pas comme si le jeu-vidéo était un tout petit truc qui avait besoin de l’approbation de tout le monde pour pouvoir grossir.

    Soit ils seront convaincu avec le temps, ou alors ils ne seront jamais convaincu mais le JV se porte déjà très très bien sans “leur soutien”.

  • Murazaki

    Shenmue <3 #NoShaders

  • Thoj

    Pour ceux qui ce sentent concernés par ce débat je pense qu’au contraire il faut y voir du positif. Il y a 20 ans personne ne parlait du jeux vidéo, là ou aujourd’hui ca fait complètement parti du paysage culturel. D’ailleurs pourquoi continuer à parler de “joueurs” quand meme votre mère joue à candy crush ? On lit des livres, on regarde des films, je ne vois plus aujourd’hui quelle spécificité il y a à jouer au jeux video et pourquoi il faudrait continuer à systématiquement le revendiquer comme une différence si l’on cherche absolument à le faire comprendre.

    Et puis sans diaboliser, les medias sont devenus de véritables attention whores, la faute à un business model qui se cherche et qui pour continue sa course à la PAP. Le jeux video ne beneficie juste pas d’un traitement spécifique, on balance donc des articles a coup de titres chocs et on crée des polémiques à un niveau intellectuel qui touche plus souvent au pathétique – l’affaire du grand journal OMG – qu’a chercher a vraiment faire avancer les choses.

    BIP.

  • http://www.monsieurlam.com Lâm

    Je suis d’accord sur le fait qu’on ne va pas courir après tous les sceptiques du JV. Mais quand la discussion vient à table, on ne va pas non plus les snober !

  • Renaud

    Thoj,

    Il y a des cinéphiles, des mélomanes,
    Des spectateurs, lecteurs…

    Aucune raison donc qu’il n’y ai pas de “joueurs”

  • http://www.monsieurlam.com Lâm

    Netsabes : :))

  • Thoj

    Renaud,

    Ah ouais, y a les “vrais” quoi – ou chacun a sa propre échelle
    Hahaha sans déconner le gros truc d’ego…

  • Veda

    Oui je me souviens encore du “la communauté des mélomanes furax contre Le Top 50” … /sarcasm
    On n’a pas dit que le mot “joueur” n’existait pas Renaud, juste que ce n’est plus un “signe distinctif” derrière lequel des gens qui se définissent comme tel se réunissent pour s’insurger comme si c’était un petit club de “connoisseurs”. On peut parler entre cinéphiles, on peut parler entre joueurs, bien évidemment; néanmoins on ne peut plus dire que ce soit une communauté ultra spécifique (ou alors rajouter “les joueurs de…”, et encore)

  • https://twitter.com/clmnttrnr clmnttrnr

    Le jeu vidéo doit échapper aux chiffres.

    Alors oui, le jeu vidéo rapporte plus que le cinéma et la musique réunis. Alors oui, GTA V est le divertissement ayant le plus vite rapporté 1 milliard d’euro, en seulement trois jours.

    Mais si le jeu vidéo veut trouver la même crédibilité que le cinéma ou d’autres arts, il devra abandonner les chiffres. L’abandon du chiffrage est un processus très lent pour tout art : après tout, on parle encore de chiffre pour les box-office de cinéma et les classements de musique. Après tout, certaines critiques donnent encore des notes à des œuvres. Mais il faut remarquer que ce phénomène s’estompe avec le temps : personne ne donne de note à la Joconde, les « étoiles » de notation des films comme des musiques tendent à remplacer des chiffres.

    Pour le jeu vidéo, il manque une réelle scène de critiques et de pensées philosophiques qui en parleraient comme d’un art. Imaginez qu’aujourd’hui en France, les seuls critiques de cinéma soient celles de Première ou Studio Ciné-Live. Imaginez que les Cahiers du Cinéma ou Positif n’existe pas. Hé bien c’est l’état actuel de la critique, de l’analyse, et de la pensée sur le jeu vidéo. Jeuxvideo.com met des notes aux jeux (bien qu’ils soient passé à un système de + et – récemment, consacrant un abandonnement partiel du chiffre).

    Le jeu vidéo va avoir beaucoup plus de mal que les autres arts à échapper aux chiffres, car le jeu vidéo est un art mais aussi un sport. Hors les performances sportives sont … chiffrés. Cette double existence du jeu vidéo, cette double fonction, est un problème majeur qui empêchera à mon avis pendant longtemps de nombreuses personnes de réellement le considérer comme une pratique artistique.

    Personnellement je suis en étude de cinéma, et je compte bien me diriger vers la pensée et la critique/analyse du jeu vidéo car c’est un far-west complet. Tout reste à faire. Et c’est excitant, car c’est à mon avis la critique et l’écriture de philosophie sur le jeu vidéo qui va réellement le légitimer, bien plus que des chiffres de vente. Et je pense que cette légitimisation va surpasser les problèmes que tu évoques, comme la critique de cinéma a surpassé (et même s’est nourri) du passage au parlant, aux effets spéciaux, à la couleur, à la 3D (voir le dernier Godard…) .

    voili voilou.

  • https://twitter.com/_FChartier_ François

    Cher Lâm,

    Finalement, je ne sais pas si TOI, ad nominem, tu trouveras une réelle réponse à tout cela, à toutes ces craintes et / ou interrogations. Peut être surtout car tu es reconnu comme l’une des personnalités phare de la culture geek.

    MAIS (il y a un mais) ;

    Je connais moi aussi ce débat, et continue à le connaître et finalement, la seule réponse est tout ce qui n’est pas le jeu video et la preuve par l’absurde, le contre argument de vie qui reste objectif.

    Car oui, ce qui casse tout argumentaire des “anti”, des “ho tu sais les jeux videos ça apporte rien”, c’est le paradoxe (a priori énorme) entre ce que je suis au quotidien (un mec diplômé dans la pure tradition française, ancien pres de diverses assoces, qui ne bossera jamais dans le jeu video mais dans l’immobilier et le bâtiment, qui a 2 gosses en bas âge et passe énormément de temps avec, qui est engagé en politique, fait du sport et tout plein d’autres trucs … google et twitter vous l’indiqueront) et le temps que je passe sur les jeux videos depuis désormais 12 ans.

    J’ai eu des milliers de fois ce débat avec nos potes, proches, non joueurs, quasi systématiquement offusqués qu’on puisse passer du temps sur un ordi ou une console avec des gosses, une vie de famille ou, tout simplement, à plus de 15 ans…

    J’ai eu des milliers de fois ce débat avec mes parents, et même un de mes frères (l’autre, anesthésiste réa étant aussi passé par CS, WOW, LoL) qui n’ont jamais compris ce que ça pouvait apporter (si si, gérer 40 branques dans Molten Core pendant tes études, ça t’apprend à t’organiser !).

    J’ai eu des milliers de fois ce débat avec désormais mon épouse, qui m’a connu non joueur (une des rares !) et qui au quotidien le vit plus que tout autre.

    J’ai la prétention de dire qu’à chaque fois, j’ai le dernier mot car non, le jeu video n’a ni “tué ma vie sociale”, “tué ma vie amoureuse”, ou je ne sais quoi de totalement absurde.

    Nos femmes, à nous groupe de joueurs depuis tant d’années, ont maintes fois espérées qu’on lâche un jour nos claviers et manettes.

    Mais même à plus de 30 ans, aux antipodes de la culture hipster, bobo, ou geek au quotidien, à porter un costard 5 jours par semaine et à gérer couches, biberons, et autres jusqu’à 20h et plus le WE, et ben …. j’ai toujours envie de claquer 5€ dans un fucking skin de porcasse sur League of Legends ;)

  • http://www.monsieurlam.com Lâm

    clmnttrnr :

    Il existe une scène de critique et de pensées autour du jeu vidéo, même si elle est moins développée et/ou influente dans la culture et la perception de cet art. Mais cherche, et tu trouveras.

    Sur les chiffres, je suis d’accord. Le jeu reste un art très liée encore une fois à la technologie et celle-ci fait de l’ombre à la dimension humaine et créative derrière.

    Bonne chance dans ton plan de carrière, je le trouve génial !

    François :

    5€ dans une skin LoL ? “Bitch please”, te répondent les skins Arcana à 30€ dans Dota 2 :)
    Plus sérieusement, je suis d’accord avec toi, l’argument du cas personnel pèse souvent : pareil, je fais beaucoup de sport, ai des amis, une petit copine (elle-même joueuse) etc. Mais je me retrouve souvent avec cette réponse en forme de pirouette : “oui mais toi, tu dois être une exception…”
    Pirouette difficile à contrer, car elle tend à tuer le débat (généralement, ton interlocuteur est rhétoriquement acculé dans un coin).

    Tu as essayé Elite ? :)

  • https://twitter.com/_FChartier_ François

    Haha … on a aussi nos skins à 30 boules légendaires. J’ai cru comprendre que sous Dota2 vous étiez gâtés !

    La pirouette que tu évoques ne tient pas même si elle arrive parfois. .

    Car justement, avec le temps, les jeux traversés, des exceptions, on en a trouvé. Et pas mal. Beaucoup même. Surtout avec le fait qu’on a commencé à jouer à une période charnière de notre vie où on prenait tous des chemins d’études différents.

    On reconnait volontiers que les cas décris dans les émissions à succès, on en a connu (le mec paumé, déscolarisé, dont on s’était posé la question de le virer de la guilde sous wow pour qu’il sorte …) mais que ces “exceptions” sont beaucoup plus nombreuses que nos contradicteurs ne le disent. Et mes potes gamers qui sont devenus Capitaine dans l’armée, Pharmarcien responsable, ou encore prof de physique me contrediront pas (ok, on a un guildies qui a mal tourné et a fini manager de la team Fureur DOTA 2 ^^).

    Bien plus, combien sont les “gamers” qui ont réussi à faire de leur passion, un “métier”. Tu le connais sûrement mieux que moi mais P. Cassard, je l’ai très souvent balancé à la tronche des “ouais, mais le jeu video de toute manière, ça reste un truc à part, totalement de niche, limite underground …” .. bah voyons !
    Je parle pas non plus de 42, quand bien même elle ne fait pas l’unanimité.

    Enfin, ce qui est finalement le plus triste tout ça c’est que j’ai jamais trouvé dans mes potes proches assez de mecs voulant jouer à Smash Bross Melee …. :'(

    Ce qui est aussi très interessant de noter c’est que le “jeu video” reste un pan de la “geek attitude” qui reste à part. Car pour tout le reste, réseau sociaux, bloging, etc, la démocratisation s’est faite à une vitesse dingue, y compris au niveaux de la gente féminine.

    Le monde politique est aussi à ce niveau tout simplement passionnant !

    Et pour Elite, tu te doutes que dans le tas, j’ai bien eu le mec qui nous a fait le “BORDEL C’EST UNE TUERIE CE TRUC DE OUUUUUUUUUUF”. J’ai beau eu mater quelques videos, j’ai pas franchi le cap car ça m’a juste fait pensé à flight simulator 98 quand je jouais avec mes cartes imprimés et essayait de tomber sur l’aéroport que je visais. C’est mieux que ça ?

  • http://www.matyeu.wordpress.com matyeu

    C’est compliqué selon moi d’avoir une attitude définitive au sujet du jeu vidéo car il est très lié au cerveau. Or la science commence à peine à comprendre le fonctionnement du cerveau humain dans toute sa complexité, et sa maîtrise n’est pas à la portée de tout un chacun. C’est, je pense aussi ce qui fait peur à certains, le manque de contrôle.
    La bonne nouvelle: Des discussions sans fin comme tu les aime ;)

  • Abitbol

    Il y a aussi beaucoup de gens de notre génération (voire plus jeune) qui ne jouent pas du tout, donc en effet penser que le jeu vidéo sera naturellement accepté avec le temps me semble optimiste. Le progrès n’a pas grand à voir là-dedans, aucune des peurs cité comme ancienne n’a vraiment disparu. Après je ne comprends pas bien ce besoin d’acceptation, en quoi cela nuit-il à nos expériences de gamers? Pire, quand je vois l’attitude de beaucoup sur le net, il y a même une certaine sorte de snobisme de certains joueurs (les plus jeunes, il faut l’admettre) qui se considèrent comme des des vrais, des hardcore, des pas noobs… perso je ne vois pas plus l’interêt de défendre une “communauté gamer” qui de fait n’a pas la même définition pour tout le monde de toute façon.

  • http://lesfoliesdemelanie.fr lesfoliesdemelanie

    Bonjour, jolie réflexion en effet et cela donne envie d’en débattre…….le plus important pour moi en tout cas est de continuer à faire le distinguo entre la vie réelle et sa vie de gamer “virtuelle”. Et surtout de continuer à prendre du plaisir (le jeu c’est bien du plaisir non?!) à jouer seul ou avec les autres.de rester ouvert aux autres communautés. Perso , cela fait plus de 15 ans maintenant que j’essaye de garder cette vision des choses dans le monde du JDR et plus encore dans celui du GN et c’est loin d’être facile…………Merci pour ce débat Belle journée à vous

  • Dom

    Réflexion intéressante (tout comme les commentaires d’ailleurs) à laquelle je vais ajouter mon grain de sel.

    Perso je trouve que cette incompréhension entre joueurs et “non-joueurs” est d’autant plus dommage qu’on a jamais eu de jeux aussi bons que maintenant. Et je parle pas seulement de rendu graphique mais de vrai contenu ludique, qui font vraiment avancer l’art de la “pratique interactive”.

    Trentenaire bien tassé aujourd’hui, j’ai beaucoup joué gamin (NES, CPC6128, etc…) mais j’avais un peu laissé tomber la chose en fin de lycée, sans doute pour aller vers d’autres interêts et aussi parce que le jeu vidéo ça reste quand même beaucoup de l’exercice de dextérité et moi j’ai des gros doigts carrés.

    Mais récemment un pote m’envoie vers New Vegas : sympa, sans plus mais je m’accroche. Et arrive un épisode du jeu qui me donne “la rage”: une vrai rage où ce que je vois se dérouler dans le monde du jeu ne me laisse pas le choix de continuer à faire avancer cette histoire, avec mes moyens, mon ressenti pour comprendre ce qu’il s’y passe. Bref un sentiment que seul des livres ou des films avaient réussi à me faire passer jusqu’alors. Les jeux parviennent maintenant à briser ce “4ème mur” où le joueur n’est plus seulement une personne qui cherche à optimiser des facteurs pour obtenir le meilleur score mais arrive réellement à l’impliquer (d’autres diront manipuler) dans ce qu’il propose. Y’a un effet “WTF…..Fuck it, je ne joue plus, je participe”.

    Depuis cet épisode fondateur, j’ai retrouvé ce nouveau type d’implication dans un nombre de plus en plus important de sorties parmi lesquelles, par exemple The Walking Dead ou Alien Isolation, Year Walk. Pas mal de jeux d’horreur (parce que quand on a les jetons, on calcule plus vraiment, on survit) mais aussi des trucs plus “arty” comme Gone Home ou Ethan Carter ou des trucs plus bourrins comme Bioshock ou Deus Ex.

    Parce que le jeu a maintenant presque 50 ans d’existence et parce que les dev de maintenant sont des anciens joueurs qui on muri etc… on arrive à des objets qui ont un interêt qui est du même ordre que celui suscité par une oeuvre littéraire ou cinématographique. Une fois qu’on a fini, on veut en discuter ou à l’inverse garder son expérience pour soi, comme un petit secret.

    Après faut pas non plus que ça nous empêche de jeter son Moine Paragon XXX dans une faille une fois de temps en temps.

    Bip.

    PS: Elite ça démonte. Ce frisson sur le premier “Docking Request Granted”…

  • http://qyrool.com Q

    Il ne faut pas oublier que le jeu vidéo est un art extrêmement chronophage.
    Et c’est peut-être ça la clé de l’incompréhension des “non-joueurs”.

    Un tableau, une photo peut te toucher du premier coup d’oeil.
    Un musique ou un album te fera vibrer après quelques écoutes seulement.
    Un livre, même un gros pavé, peut se lire assez rapidement.

    Mais combien d’heures de jeu faut-il pour être touché par la beauté évanescence d’un Ico, pour être scotché par le twist final d’un Bioshock Infinite ou pour s’attacher irrémédiablement aux personnages de the Last of Us ?

    Les gens qui ne comprennent pas le jeu vidéo sont les gens qui n’ont pas de temps à y consacrer (Ou alors en mode partie rapide de Candy Crush dans le métro). Ils ont déjà joué à Fifa avec des potes, voire même 1h ou 2h à un Final Fantasy avant de lacher l’affaire, mais ils n’ont pas le temps d’accorder à certains chef d’oeuvre le temps nécessaire qui permettrait de dévoiler leur valeur artistique.

    On retrouve ce phénomène, dans une moindre mesure, avec les séries TV. Les Soprano s’apprécie dans son ensemble, mais qui a eu le temps de se taper les 86 épisodes (soit à peut près 70h de visionnage) ?